AL HAYAT - Hongrie : Orban affirme que l'enquête sur son parti est un "prétexte"

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Hongrie : Orban affirme que l'enquête sur son parti est un "prétexte"
Hongrie : Orban affirme que l'enquête sur son parti est un "prétexte" / Photo: Attila KISBENEDEK - AFP

Hongrie : Orban affirme que l'enquête sur son parti est un "prétexte"

L'ancien Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban a accusé mercredi les procureurs de mener un simulacre d'enquête sur son parti Fidesz pour des soupçons de corruption pour justifier la saisie la veille des bases de données du parti lors d'une perquisition.

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Le parquet a déclaré à l'AFP qu'il avait été contraint de saisir ces bases de données compte tenu notamment du "manque de coopération" de la partie concernée.

Après l'éviction du pouvoir de M. Orban lors des législatives en avril au profit de l'actuel Premier ministre conservateur et pro-européen Peter Magyar, le parquet de Bács-Kiskun (sud) a ouvert une enquête sur le Fonds national de la culture (NKA), un organisme public, pour détournement de fonds.

Les procureurs soupçonnent la direction du NKA d'avoir accordé 1.079 subventions pour un montant total de plus de 17 milliards de forints (47 millions d'euros, 54 millions de dollars), en violation des règles.

Mardi, le parquet a perquisitionné des locaux abritant le centre de données qui héberge les serveurs de Fidesz dans le cadre de cette enquête.

"Cela a servi de prétexte pour saisir les serveurs de Fidesz", a déclaré M. Orban à la presse devant le siège du parti.

"Il s'agit d'une procédure judiciaire à motivation politique visant à rendre le Fidesz - qui a indiscutablement survécu à cette lourde défaite politique et qui se renforce - juridiquement non viable", a-t-il ajouté.

Des médias indépendants affirment que le Fonds culturel a servi d'agence de paiements gérée par l'Etat au service du premier cercle du Fidesz ainsi que de caisse noire pour le financement de campagnes électorales.

A la question de savoir si les enquêteurs étaient légitimes pour agir ainsi, M. Orban a répondu: "A mon avis, si le serveur d'un parti politique (...) est saisi par le gouvernement d'une force politique rivale, cela pose problème".

Toutefois, les procureurs ont affirmé qu'il n'était pas possible de réaliser une copie des "éléments de preuve numériques liés à l'affaire" sur place.

"En raison du volume de données et du manque de coopération, il n'était pas possible de copier les données stockées sur les serveurs sur site... c'est pourquoi le parquet a décidé de saisir les supports de stockage", a déclaré à l'AFP sa porte-parole, Marianna Bodo.

Elle a confirmé qu'un septième suspect avait été arrêté dans le cadre de cette enquête, que le Fidesz a identifié comme un ancien fonctionnaire du gouvernement, ayant travaillé pour le groupe parlementaire du parti.

Six personnes accusées de détournement de fonds avaient déjà été placées en détention en juin, parmi lesquelles Balazs Bus, qui était le vice-président du NKA.

Depuis que Peter Magyar a délogé Viktor Orban du pouvoir qu'il occupait depuis 16 ans, il s'est attelé à démanteler le système mis en place pour verrouiller les institutions du pays en faveur du Fidesz, avec le vote en quelques semaines d'une loi anticorruption et d'une autre pour démanteler le Bureau dit de protection de la souveraineté, qui ciblait les voix critiques.

Le nombre de mandats pour un Premier ministre a été limité à deux, ce qui devrait théoriquement empêcher le retour au pouvoir de M. Orban.

Dernière réforme en date : le parlement a voté la semaine dernière un amendement constitutionnel qui a permis entre autre d'écarter le président Tamas Sulyok, un proche de M. Orban.

Le Fidesz a dénoncé des initiatives "autocratiques", une accusation souvent portée contre l'ancien Premier ministre lorsqu'il était au pouvoir.

O.Marri--al-Hayat