Blocage des lycées : un vendredi sous haute tension, syndicats et lycéens reçus par le ministre
Quatre cents lycées fermés par les autorités, de nombreux cours en distanciel: après les violences de jeudi, le mouvement des lycées se poursuit vendredi sous haute tension, alors que le ministre de l'Education doit rencontrer syndicats et associations lycéennes.
Le mouvement de blocage des lycées, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.
Vendredi matin, le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray a demandé l'aide des parents : "dans la rue, les enfants sont en danger", a-t-il souligné sur BFMTV.
De son côté, Édouard Geffray a annoncé que 65 personnels de l'Éducation nationale - dont 40 proviseurs et 170 élèves - ont été blessés depuis le début du mouvement. "Il y a clairement une entreprise d'attaque et de destruction du service public de l'Éducation".
"Plus d'une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères", a par ailleurs indiqué M. Geffray.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d'engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants afin de leur faire "payer les réparations", a-t-il dit vendredi sur RTL.
Tous les préfets ont pris des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés.
A Rennes, vendredi matin, la tension est déjà présente, avec devant le lycée public Jean-Macé, des lycéens cagoulés et en noir, non loin de nombreux policiers.
"Pour nous on a gagné, on a notre lycée fermé ce matin", témoigne Lola, 16 ans, qui ne souhaite pas donner son nom, qui déplore les violences: "ça nous enrage encore plus, la police n'a pas le droit de nous taper, de nous gazer", glisse-t-elle, ajoutant manifester contre "les sous-effectifs, pour plus d’argent, pour la suppression de Parcoursup et pour des emplois du temps moins chargés".
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Selon les services du Premier ministre, le mouvement serait une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme".
- Renouer le dialogue -
Et de nombreux lycées ont prévu d'assurer les cours à distance, notamment à Marseille.
Dans ce contexte explosif, le gouvernement a renoncé à faire payer des frais d'inscription en BTS ou en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même et fustigée par la gauche et plusieurs syndicats.
Afin de renouer le dialogue, Édouard Geffray rencontre depuis 09h00 les syndicats de l'éducation et associations lycéennes, dont l'Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, et de parents d'élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Avec l'objectif de dialoguer. "Une des difficultés de ce mouvement, c'est qu'il n'y a pas de revendication nationale. Tout est parti de revendications locales assez diverses", a estimé le ministre.
Au total, "1.027 établissements", sur environ 3.700 lycées en France, "ont été concernés jeudi par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués.
Les organisations appellent à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.
K.al-Muhaysini--al-Hayat