AL HAYAT - Paris Games Week : comme les héros de jeux vidéo, les joueurs vieillissent aussi

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Paris Games Week : comme les héros de jeux vidéo, les joueurs vieillissent aussi
Paris Games Week : comme les héros de jeux vidéo, les joueurs vieillissent aussi / Photo: Simon WOHLFAHRT - AFP

Paris Games Week : comme les héros de jeux vidéo, les joueurs vieillissent aussi

Quarante ans de Zelda, trente ans de Rayman... Mis à l'honneur de la Paris Games Week cette année, les héros des grandes sagas du jeu vidéo surfent sur la nostalgie de joueurs parfois devenus parents.

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"Zelda, ce sont mes premiers émerveillements en tant que joueur", se souvient Yann Laloum, 48 ans, près d'une grande fresque relatant les quatre décennies de cette série.

À ses côtés, son fils Merlin, 10 ans, est plus circonspect et davantage attiré par des titres plus récents comme "Split Fiction".

La sortie, le 5 novembre, d'un remake de "The Legend of Zelda : Ocarina of Time", l'un des épisodes les plus populaires, pourrait bien les mettre d'accord. "J'ai très envie de le tester avec lui", confie le père.

Comme eux, de nombreuses familles profitent de la Paris Games Week, le plus grand salon français du jeu vidéo qui se tient jusqu'à dimanche, pour redécouvrir des jeux et des personnages qui ont parfois été créés dans les années 1980 et 1990.

"Ce sont des madeleines de Proust avec lesquelles notre public a grandi," raconte Nicolas Vignolles, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell), l'organisateur du salon.

Parmi les visiteurs, les familles représentent "35 % à 40 %" du public, indique-t-il.

Les mascottes prennent des rides et leurs fans aussi : en France, l'âge moyen des joueurs est de 40 ans, selon une enquête du Sell et de Médiamétrie présentée mercredi.

Sur la tranche d'âge des 35-49 ans, les trois quarts des personnes interrogées se déclarent joueurs, précise l'étude.

- Noms rassurants -

Ace Combat, Metroid, Zelda... Sur le stand de l'association MO5, qui oeuvre pour la préservation du patrimoine du jeu vidéo, une trentaine de titres anciens viennent illustrer l'évolution de ces sagas.

"Leur point commun, c'est que ces jeux ont été révolutionnaires à leur époque", affirme Nicolas Bernardino, membre de l'association et l'un des organisateurs de ce voyage nostalgique.

"Ça fait bizarre de se dire que j'étais à sa place il y a 30 ans", souffle Olivier Beaux, 45 ans, qui observe son fils de 10 ans jouer au tout premier "Pokémon", sorti en 1996 au Japon.

Face aux mastodontes "Roblox" et "Fortnite", plébiscités par les plus jeunes, "j'essaye de l'orienter un peu", confie ce fan de Final Fantasy.

Pour lui, ces grandes sagas, qui accueillent régulièrement de nouveaux titres, "restent des références" et des noms rassurants pour les parents.

- "Besoin de nostalgie" -

Pour les studios et les éditeurs, c'est aussi un moyen de capitaliser sur la renommée de figures connues, plus à même d'attirer les joueurs au milieu d'une offre pléthorique.

Et ils n'hésitent pas à recourir aux remakes, versions remises au goût du jour d'anciens titres, pour leur donner un coup de jeune et alimenter leur catalogue.

"C'est aussi une demande des joueurs de pouvoir rejouer à des jeux dans lesquels ils ont vécu beaucoup d'émotions", souligne Marie-Sophie de Waubert de Genlis, directrice des studios du géant français Ubisoft.

Sur son stand où trône un imposant Rayman, sa mascotte cartoonesque dénuée de bras et de jambes, l'éditeur propose un avant-goût de "Rayman Legends Retold", refonte de l'opus sorti en 2013 et prévu pour la fin de l'année.

"Certains parents veulent rejouer à ces jeux-là avec leurs enfants", poursuit Marie-Sophie de Waubert de Genlis, et "le remake répond aussi à un besoin de nostalgie. Il y a une vraie demande".

J.Ammar--al-Hayat