AL HAYAT - Microsoft finance l'IA sans emprunter, porté par ses centres de données

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Microsoft finance l'IA sans emprunter, porté par ses centres de données
Microsoft finance l'IA sans emprunter, porté par ses centres de données / Photo: ANDREJ IVANOV - AFP/Archives

Microsoft finance l'IA sans emprunter, porté par ses centres de données

Microsoft a vu les revenus de son informatique en ligne, socle de l'intelligence artificielle (IA), accélérer entre juillet et septembre, sans avoir à s'endetter, au moment où les marchés s'inquiètent des sommes colossales que le secteur emprunte pour s'équiper.

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Sa plateforme Azure, qui loue aux entreprises de la puissance de calcul, a vu ses ses revenus bondir de 48% sur un an, après 42% le trimestre précédent. Le chiffre d'affaires du groupe, dont un tiers repose sur Azure, atteint 92,3 milliards de dollars, au-dessus des attentes des analystes.

Le titre gagnait environ 2,5% dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street et avant la conférence du patron Satya Nadella devant les investisseurs.

Ces résultats offrent un élément de réponse à la question qui agite les investisseurs depuis des mois : Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft, grands bâtisseurs de centres de données, qui prévoient d'investir à eux quatre plus de 700 milliards de dollars cette année, en tireront-ils des revenus suffisants ?

Pour l'analyste Dan Ives (Yorkville Ives), qui s'exprimait avant la publication, ce sont les capacités des centres de données, et non la demande, qui freinent aujourd'hui la croissance du secteur.

Chez Google aussi d'ailleurs, l'informatique en ligne accélère : ses revenus ont plus que doublé sur un an au troisième trimestre (+102%) sur ce créneau. Le numéro un du secteur, AWS, filiale d'Amazon, publiera ses résultats jeudi.

Microsoft a ainsi doublé ses dépenses d'équipement en un an, à 39,4 milliards de dollars sur le trimestre, sans compter les centres de données qu'il loue.

Il les a financées par son activité, et a même remboursé 4,85 milliards de dollars de dette.

– La dette de l'IA inquiète –

À l'inverse, Meta a annoncé lundi une levée de 35 milliards de dollars en actions pour financer ses ambitions dans l'IA.

Oracle, dont la dette de 125 milliards de dollars en fait un baromètre des craintes sur l'endettement de l'IA, a promis mercredi de limiter ses nouvelles levées de fonds à 20 milliards d'ici 2030. Son titre a bondi de plus de 10% mercredi.

Les acteurs de l'IA ont emprunté près de 500 milliards de dollars depuis janvier, une déferlante qui contribue selon des analystes à la hausse des taux : celui des emprunts de l'État américain à dix ans a atteint début octobre son plus haut niveau depuis 2002, au-dessus de 5,3%, avant de redescendre autour de 5%.

Le point faible de Microsoft reste toutefois sa dépendance à OpenAI, dont il détient environ 27% et dont les engagements pesaient près de la moitié de son carnet de commandes en début d'année.

Son carnet de commandes, 677 milliards de dollars, n'a pas progressé depuis fin juin, quand il ne croissait que de 25% sur un an hors OpenAI, selon la directrice financière Amy Hood.

Pour s'en affranchir, le groupe développe ses propres modèles d'IA et sa propre puce, Maia 300, qu'il prévoit de déployer à partir de 2027.

– Moins de salariés –

Ces résultats tombent deux jours après l'offre de départs volontaires faite à environ 60.000 salariés, plus du quart des effectifs, sans condition d'âge ni d'ancienneté.

L'offre n'est pas le signe que Microsoft a besoin de moins de salariés, a plaidé un porte-parole au média GeekWire.

Ses effectifs avaient pourtant reculé sur un an pour la première fois depuis 2016 à fin juin, avant environ 4.800 suppressions de postes en juillet.

Côté grand public, les ventes de Windows reculent de 22% sur un an, une baisse que le groupe avait anticipée, et celles du jeu vidéo Xbox de 2%, moins sévère qu'attendu.

S.Sadoun--al-Hayat