Le mouvement de blocage des lycées devrait se poursuivre vendredi
Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l'apaisement après avoir condamné des "violences urbaines".
A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Tous les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences, a appris l'AFP auprès du ministère de l'Intérieur.
Ainsi le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de 13 lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms ont été énumérés dans l'arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a-t-on ajouté au ministère de l'Intérieur.
Le ministre Laurent Nuñez, qui a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement, a dénoncé "une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines".
Selon les services du Premier ministre, ce serait une "manoeuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". Suite à ces accusations, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme".
Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a jugé de son côté que "le mouvement lycéen est pris en otage par des groupuscules ultra-violents".
Face à cette situation, il a annoncé que le gouvernement renonçait à faire payer des frais d'inscription en BTS ou en classe prépa, mesure inscrite dans le projet de budget 2027 présenté le matin même et fustigée par la gauche et plusieurs syndicats.
"Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante", avait notamment réagi sur X le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, après l'annonce de ce projet.
Edouard Geffray a aussi annoncé qu'il recevrait vendredi les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
Son "objectif", a-t-il précisé sur X : "faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l’École".
Vendredi, de nombreux lycées ont déjà prévu d'assurer les cours à distance, notamment à Marseille.
Au total jeudi, "1.027 établissements", sur environ 3.700 lycées en France, "ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués.
Les organisations appellent à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.
M.Sabhan--al-Hayat