AL HAYAT - Roumen Radev nommé officiellement Premier ministre de la Bulgarie

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Roumen Radev nommé officiellement Premier ministre de la Bulgarie
Roumen Radev nommé officiellement Premier ministre de la Bulgarie / Photo: Nikolay DOYCHINOV - AFP

Roumen Radev nommé officiellement Premier ministre de la Bulgarie

Le vainqueur des élections législatives anticipées en Bulgarie, l'ancien président Roumen Radev, s'est vu officiellement confier jeudi les rênes du gouvernement, dont les Bulgares espèrent qu'il sera enfin stable.

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Par leur vote, les Bulgares "ont confirmé leur volonté d'avoir des institutions stables, ainsi que de défendre la liberté, la démocratie et la justice, en accordant une majorité parlementaire à une seule force politique", a déclaré cet ancien pilote de chasse de 62 ans, favorable à une reprise du dialogue avec Moscou.

Ce dirigeant de centre gauche a immédiatement remis à la présidente Iliana Iotova la liste de ses ministres qui doit être soumise au vote du Parlement vendredi.

Roumen Radev, qui arrive au pouvoir avec la promesse de "démanteler le modèle oligarchique", hérite d'une série de dossiers urgents : un budget 2026 encore à préparer, une inflation en nette accélération et un système judiciaire bloqué.

Il doit aussi s'atteler à une série de réformes, en particulier contre la corruption, afin de débloquer près de 400 millions d'euros de Bruxelles au titre du plan de relance.

Sans surprise, l'ancien général a choisi une équipe largement constituée de ses ex-conseillers à la présidence et de proches comme Dimitar Stoyanov, un ancien collègue de l'armée de l'air, à la Défense, l'avocat Ivan Demerdjiev à l'Intérieur, Galab Donev au poste de vice-Premier ministre et ministre des Finances. La diplomatie a été confiée à Velislava Petrova, une ancienne vice-ministre des Affaires étrangères.

Depuis sa victoire électorale, M. Radev ne s'était pas exprimé et la composition de son cabinet est restée confidentielle jusqu'au dernier moment.

"Radev a une intolérance absolue contre les fuites. C'est un pur militaire", confie à l'AFP l'un de ses proches.

Pour la première fois en près de 30 ans, cet Etat des Balkans de 6,5 millions d'habitants, le plus pauvre de l'Union européenne, disposera d'un gouvernement soutenu par une majorité absolue. Le parti de M. Radev, "Bulgarie progressiste" a en effet remporté 131 des 240 sièges au Parlement au scrutin anticipé du 19 avril.

"Les Bulgares ont voté pour une Bulgarie stable (...)", a dit en début de semaine la présidente, ce pays ayant connu depuis 2021 pas moins de huit élections législatives.

- Rejet de l'étiquette prorusse -

Critique des politiques énergétiques de l'Union européenne et partisan de relations "pragmatiques" avec Moscou, Roumen Radev s'est attiré les faveurs d'une partie de l'électorat favorable à Moscou et est perçu comme prorusse par les partis pro-occidentaux -, une étiquette qu'il rejette vigoureusement.

Avant le scrutin, il avait affirmé qu'il ne mettrait pas son veto à l'aide destinée à l'Ukraine mais que la Bulgarie ne participerait pas à son financement.

"Sur le plan de la politique étrangère, je veux rassurer : il n'y aura pas de virage radical ou extrême, rien de tel", a lancé mardi Petar Vitanov, le chef de son groupe parlementaire, affirmant la position du gouvernement Radev serait proche de celle de la "plupart des dirigeants européens".

Côté économie, M. Radev a alerté sur la dégradation des comptes publics, avec un déficit budgétaire qui devrait largement excéder les 3% du PIB.

L'inflation annuelle s'est quant à elle établie à 7,1% en avril, soit trois points de plus que les 4,1% du mois précédent, principalement sous l'effet de la hausse du prix des carburants.

Mardi, l'équipe de "Bulgarie progressiste" a fait savoir qu'elle envisageait de relever le plafond de la dette afin de pouvoir assurer le versement des pensions et des salaires.

"Les recettes budgétaires augmentent à un rythme convenable mais les dépenses progressent encore plus vite, d’où le creusement du déficit ", souligne Latchezar Bogdanov, chef économiste à l'Institut pour l'économie de marché, un cercle de réflexion siégeant à Sofia.

Selon lui, le gouvernement devra s'attaquer aux monopoles et aux cartels mais aussi éviter de compenser l'inflation par de nouvelles hausses des salaires et des retraites ou par des aides aux entreprises.

L.Turki--al-Hayat