Les principales réformes économiques annoncées à Cuba
Cuba a adopté jeudi un vaste programme de réformes en faveur de l'économie de marché pour tenter de mettre fin à une grave crise, alors que l'île se trouve sous pression maximale de Washington.
Les 176 mesures représentent le plus grand bouleversement du modèle économique de l'île depuis l'adoption du communisme il y a près de 70 ans.
L'AFP passe en revue quelques-unes des mesures les plus marquantes:
- Secteur privé
Les petites et moyennes entreprises, employant jusqu'à 100 personnes, ont été autorisées en 2021 et sont devenues un élément important de l'économie. Avec les travailleurs indépendants autorisés dix ans auparavant, elles dominent désormais la vente au détail et le secteur des transports quotidiens.
Les réformes adoptées jeudi renforcent drastiquement le rôle du secteur privé. Les grandes entreprises, sans limite de taille, seront autorisées et les Cubains pourront détenir plus d'une société.
Les investisseurs étrangers ne seront plus limités à constituer des coentreprises avec l'État, mais pourront investir également dans le secteur privé.
Le gouvernement promet de réduire la bureaucratie pour la création d'entreprises.
Les entreprises d'État seront transformées en sociétés commerciales et la grille salariale étatique sera supprimée au profit d'accords conclus au niveau de chaque entreprise.
- Energie
L'approvisionnement en carburant a toujours été un problème à Cuba bien avant que le président Donald Trump n'impose un blocus pétrolier de facto à l'île de 9,6 millions d'habitants.
Pour accroître les approvisionnements, les investissements privés et étrangers vont pourvoir opérer dans l'achat et la vente de carburant.
Des allégements fiscaux seront mis en place pour les investissements dans les énergies renouvelables, comme les panneaux solaires, qui se sont multipliés ces deux dernières années pour faire face à la crise énergétique.
- Propriété
Si les Cubains ont, depuis 2011, le droit de posséder une habitation privée, de nombreux bâtiments restent la propriété de l'État.
Les réformes vont permettre aux Cubains vivant sur l'île et à l'étranger d'acheter des bâtiments, "au cas par cas", et d'acquérir des biens immobiliers dans des zones à fort potentiel touristique.
- Banque
L'investissement privé dans le secteur bancaire sera encouragé et les citoyens comme les entreprises privées pourront, pour la première fois, détenir des comptes en devises.
Les envois de fonds des Cubains de l'étranger, une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, ne passeront plus exclusivement par l'État et les bureaux de change privés seront également autorisés à opérer.
- Foncier
Les terres agricoles resteront entre les mains de l'État, mais pourront être exploitées par des entreprises privées pour la sylviculture, l'agro-tourisme et la production de tabac dans le cadre d'usufruits pour une durée indéterminée.
K.Sharhan--al-Hayat