AL HAYAT - Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand réélus samedi malgré des milliers de contre-manifestants

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Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand réélus samedi malgré des milliers de contre-manifestants
Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand réélus samedi malgré des milliers de contre-manifestants / Photo: John MACDOUGALL - AFP

Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand réélus samedi malgré des milliers de contre-manifestants

Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand AfD ont été réélus samedi à Erfurt (est), malgré les dizaines de milliers de manifestants antifascistes venu de tout le pays pour bloquer l'accès au congrès du parti.

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Les délégués du parti ont réélu les deux coprésidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, qui ont fait de ce parti anti-immigration et prorusse la première force d'opposition du pays lors des législatives de 2025.

"Nous sommes le nouveau parti populaire en Allemagne", a revendiqué Alice Weidel lors de son discours, alors que le parti est aux portes du pouvoir dans l'est du pays d'après les sondages, où des élections régionales ont lieu en septembre.

Le congrès a lieu dans le Land de Thuringe, bastion d'une branche radicale de la formation politique menée par Björn Höcke, connu pour ses propos controversés notamment sur le passé nazi du pays.

 

Environ 31.000 personnes ont convergé vers cette ville dans d'énormes convois de bus, selon la police, au moins 50.000 selon les organisateurs.

L'alliance des contre-manifestants baptisée "Résistance" a bloqué les accès à l'agglomération, certains manifestants ayant procédé à une descente en rappel depuis un pont d'autoroute, tandis que plusieurs groupes se rassemblaient dans les principales rues et places du centre-ville, selon des journalistes de l'AFP.

- Manifestations pacifiques -

Pour les détracteurs de l'AfD, combattre ce parti est un devoir, du fait du poids du passé nazi et des efforts, selon eux, de mettre fin à la politique de mémoire et de contrition de l'Allemagne.

Certains voient dans la tenue du congrès de l'AfD à Erfurt le jour du 100e anniversaire d'un congrès nazi tristement célèbre à Weimar, tout près de là, une provocation délibérée, ce que la formation dément, évoquant un hasard du calendrier.

"Il est important d'envoyer un signal contre la dérive vers la droite", a déclaré à l'AFP la manifestante Lene Krug, 19 ans, originaire de Gera, à l'est d'Erfurt. "L'AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine", a ajouté la jeune femme en formation pour devenir infirmière, qui se rend à sa toute première manifestation.

Une autre protestataire, Ella, faisait partie d'un groupe qui s'était collé aux rails du tramway sur une place de la ville. "1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire", a déclaré cette femme de 44 ans qui n'a pas donné son nom, en référence à la période où les nazis étaient au pouvoir dans le pays.

Au fil de la journée, les manifestants ont levé leurs blocages et ont marché en direction du centre de congrès.

Malgré les craintes de violences graves, les manifestations étaient en grande partie pacifiques en début d'après-midi, même si la police a indiqué avoir utilisé du gaz poivré lors d'affrontements isolés.

A l'ouverture du congrès, Tino Chrupalla s'en est pris aux manifestants, estimant qu'ils avaient été "amenés ici depuis tout le pays par les partis de l'establishment dans des camions".

- Groupes extrémistes -

Le parti vise le pouvoir pour la première fois, alors que des élections régionales approchent dans l'est ex-communiste de l’Allemagne, son bastion électoral. Les sondages indiquent qu'il pourrait remporter la majorité absolue aux élections de septembre dans l'Etat de Saxe-Anhalt.

L'Allemagne, marquée par son passé nazi, a longtemps résisté à l'essor électoral de l'extrême droite. Mais la crise migratoire de 2015, des attaques islamistes, des crimes commis par des étrangers et une profonde crise du modèle économique allemand ont alimenté sa popularité, en particulier dans l'Est du pays.

Les critiques pointent du doigt des responsables de l'AfD qui minimisent les crimes nazis et entretiennent des liens avec des groupes extrémistes de droite interdits.

Björn Höcke — considéré comme l'une des figures les plus radicales de l'AfD — défendait une motion controversée lors du congrès de ce week-end visant à réviser la "liste d'incompatibilité" du parti. Cette liste définit les groupes extrémistes dont les membres de l’AfD ne peuvent pas faire partie.

Mais, apparemment sous la pression de la direction du parti, il a retiré la motion. Alice Weidel a toutefois promis que le parti réviserait la liste dans l'année.

X.Ajmi--al-Hayat