Trump annonce une "exploration pétrolière, gazière et minière massive" en préparation "dans notre Groenland"
Donald Trump a annoncé mardi soir des préparatifs en vue d'une "exploration massive" des ressources pétrolières, gazières et minières du Groenland, trois semaines après l'accord de sécurité ancrant le territoire autonome danois dans l'orbite des Etats-Unis.
Grâce à cet accord, qui a mis fin à des mois de tensions liées aux velléités d'annexion du président américain, le Groenland va jouer un rôle "sans égal" pour la sécurité de l'Europe et des États-Unis, s'est-il félicité.
"Une exploration pétrolière, gazière et minière massive s'apprête à commencer dans notre nouveau et magnifique Groenland !", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
"Des experts affirment que la quantité de pétrole facilement accessible y est bien supérieure à celle de n'importe quel autre territoire", a-t-il assuré.
"Encore plus important, en termes de sécurité pour la défense des États-Unis et de l'Europe", le territoire autonome danois, où Washington dispose de militaires positionnés de façon permanente, n'a pas non plus d'équivalent à ses yeux.
"Toute attaque visant les États-Unis devra passer par le Groenland, où nos moyens de défense abattront systématiquement les drones, les missiles, ou tout autre type d'armement restant encore à concevoir", a affirmé M. Trump.
Il a fait valoir un triple avantage "de temps, de position et de ligne de visée comme nulle part ailleurs dans le monde" pour mener une offensive ou réagir à une attaque ennemie.
Dans le cadre de l'accord trouvé le mois dernier entre les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland, Washington prévoit d'installer deux nouvelles bases militaires dans le sud et l'est de l'île arctique, plaçant celle-ci un peu plus dans le giron américain.
Les Etats-Unis sont déjà liés par un accord de défense avec le Groenland depuis 1951. Leur base de Pituffik, dans le nord du territoire, constitue un maillon crucial de la défense antimissile américaine.
La signature le 22 septembre au siège des Nations unies à New York de l'accord tripartite entre Washington, Copenhague et Nuuk a mis fin à des mois de tensions transatlantiques.
- Terres rares et voies maritimes -
Le président Trump avait provoqué une crise majeure avec les Européens en menaçant de rattacher purement et simplement aux États-Unis le territoire autonome danois, dont la position stratégique et les ressources font l'objet de convoitises.
Le Groenland est situé à un emplacement stratégique, sur l'itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis.
En outre, il recèle des gisements inexploités de terres rares et pourrait jouer un rôle essentiel à mesure que la glace polaire fond et que de nouvelles voies maritimes apparaissent.
Dans son message mardi, Donald Trump n'a donné aucun détail concret sur les projets d'exploration des ressources en gestation.
En août, la médiatisation des préparatifs d'une compagnie pétrolière américaine dans une région isolée de l'est du Groenland a ravivé les inquiétudes.
Le projet, opéré par une entreprise texane sur la base de licences délivrées avant un moratoire de 2021 sur l'exploration et l'extraction d'hydrocarbures, met mal à l'aise les habitants et les autorités groenlandaises qui, arguant de raisons procédurales, n'ont pas donné de feu vert à un premier forage exploratoire.
Aujourd'hui, quelque 135 permis miniers sont détenus par plus de soixante entreprises, mais seules deux mines sont en activité dans l'île.
T.Buraiki--al-Hayat