AL HAYAT - Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, mais fait plonger la Bourse de Sao Paulo

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Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, mais fait plonger la Bourse de Sao Paulo
Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, mais fait plonger la Bourse de Sao Paulo / Photo: Juan BARRETO - AFP

Brésil : la réélection de Lula saluée dans le monde, mais fait plonger la Bourse de Sao Paulo

Les dirigeants des principales puissances du monde - à l'exception notable de Donald Trump - ont félicité lundi le président brésilien de gauche Luiz Inacio Lula da Silva pour sa réélection surprise, tandis que la Bourse de Sao Paulo plongeait par crainte de laxisme budgétaire.

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"La démocratie et le multilatéralisme ont gagné au Brésil", s'est félicitée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos de la victoire de son "ami" Lula.

Le président français Emmanuel Macron a appelé à faire "vivre l'amitié entre nos deux pays au service d'un monde plus juste" face aux "grands défis de notre temps".

Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump, qui avait salué la "grande victoire" du conservateur Flavio Bolsonaro à l'issue du premier tour, mais n'a pas réagi aux résultats du second.

Sur les marchés financiers, la victoire de Lula a été suivie d'une forte chute des actions à la Bourse de Sao Paulo, la principale d'Amérique latine. Les échanges ont été suspendus pendant 30 minutes avant l'ouverture, à l'issue de laquelle l'indice Ibovespa a plongé de près de 17%.

Le dollar s'est, lui, envolé de 12% face au réal, à 5,60 réais pour un dollar.

Le scrutin "a réservé une mauvaise surprise aux marchés", a affirmé Graham Stock, stratégiste chez RBC BlueBay. Selon lui, "le principal signal attendu par les marchés sera l'engagement du prochain gouvernement Lula en faveur de la discipline budgétaire".

Lula arrive au terme de son troisième mandat avec un emploi à un niveau record et une inflation relativement maîtrisée, mais aussi des dépenses publiques et une dette en forte hausse.

Après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines, sa marge de manoeuvre s'annonce limitée.

Pékin s'est dit prêt à "continuer" à travailler avec le Brésil, tandis que le Premier ministre indien Narendra Modi a salué la victoire "remarquable" de son "cher ami" Lula, avec lequel il compte continuer à "faire progresser les priorités communes du Sud".

- "Magouille"-

Moscou a loué pour sa part les efforts du président brésilien "non seulement pour le développement des relations bilatérales" avec la Russie, mais aussi pour la poursuite des processus de coopération "sur la scène internationale".

Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans mardi a déjoué tous les pronostics. Et a conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire.

Lula avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État : c'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).

La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.

L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.

"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille".

Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.

Du point de vue personnel, la réélection de l'icône de gauche couronne une trajectoire hors du commun. Et est un ultime pied de nez au destin pour l'ancien gamin pauvre du Pernambouc (nord-est).

Lula a conjuré l'usure du temps et une lassitude très forte à l'égard de son Parti des travailleurs (PT), qui reste associé par beaucoup aux scandales qui l'ont abîmé dans les années 2000.

U.Bakr--al-Hayat