AL HAYAT - Acte III de la colère sociale : les cortèges se sont élancés à distance des centres

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Acte III de la colère sociale : les cortèges se sont élancés à distance des centres

Acte III de la colère sociale : les cortèges se sont élancés à distance des centres

L'acte III de la colère sociale a débuté un peu partout en France samedi, loin des centres-villes et encadré par un dispositif de sécurité "exceptionnel" avec 70.000 policiers et gendarmes mobilisés face aux craintes de dégradations, mises en avant par le gouvernement.

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"Macron a mis les revendications sociales à la périphérie de son mandat", résume Adèle Tellez de la CGT Paris, alors que débute la manifestation parisienne, cantonnée dans l'est de la capitale après une dernière décision du Conseil d'Etat samedi matin.

La coordination des gilets jaunes, à l'origine de ces journées, a appelé à faire "un six-seven populaire" en poursuivant "le mouvement les 6 et 7 novembre", au lendemain du 5.

"Il y a une colère dans ce pays. Elle monte dans les lycées, les facs, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Et cette colère n'est pas entendue", soulignent les gilets jaunes.

Dans le cortège parisien était également visible une délégation de LFI, avec Jean-Luc Mélenchon et Rima Hassan.

Parmi les pancartes aperçues : "alerte climat de vie chère", "pas besoin de lacrymo pour que notre avenir soit flou", "Halloween déguisée en citoyenne vénère", ou le désormais traditionnel "les lycéens visent le bac, la BAC vise la tête".

Ces derniers jours, les autorités ont tenu un discours alarmiste, les autorités craignant revoir des violences urbaines "comparables à celles du 17 octobre, "tout au long de la journée" de samedi et "à partir de la tombée de la nuit", selon l'entourage du ministre de l'Intérieur.

Pour cette nouvelle journée, 70.000 policiers et gendarmes sont mobilisés.

- 350 actions recensées -

Sur toute la France, 350 actions susceptibles de fédérer 350.000 à 450.000 personnes ont été recensées, a indiqué une source policière. Et entre "400 et 800 militants d'ultragauche" sont attendus à Paris, selon une source proche.

Les autorités n'ont autorisé que les manifestations loin des centres-villes.

"Au niveau des commerçants, il y a cette tension et des craintes renouvelées", a déclaré à l'AFP l'Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes et celles de centre-ville, le réseau des chambres de commerce et d'industrie (CCI France) rappelant que sur les 2.500 commerces touchés, 600 n'ont pas rouvert en France.

Un nouveau couvre-feu a par ailleurs été décrété dans certains secteurs de Paris pour les nuits de samedi à dimanche et dimanche à lundi de 23H00 à 06H00, une mesure qui se multiplie dans plusieurs villes de France.

- "Révolution" -

A Bordeaux, contrairement à la semaine précédente, le cortège a été autorisé par la préfecture. Là aussi, les boutiques du centre se sont calfeutrées dès vendredi soir, et samedi matin, les agents de la ville ont enlevé les vélos en libre-service de leurs bornes.

A Marseille, où les rassemblements sont interdits, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le quartier des Réformés, dans le centre, où les policiers effectuaient des contrôles d'identité.

A Lyon, où le cortège se tient à l'écart de l'hypercentre, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler sous haute surveillance. Parmi eux, Boris 36 ans, paysagiste, a déclaré à l’AFP être déjà venu samedi "quand la manifestation était interdite (..) pour défendre nos droits et manifester contre la vie chère".

"On dit non au prix de la vie, non à l'extrême droite, oui aux revendications des lycéens, oui à la parole des citoyens", déclare Camille Guérin, une manifestante de 31 ans, à Nantes. "Bienvenue en lacrymocratie", pouvait-on lire à Metz.

L'entourage du ministre de l'Intérieur s'inquiète de l'utilisation sur les réseaux des termes "révolution" et "insurrection". Le tout au moment de la fête d'Halloween.

"Le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public" en vue de "commettre des troubles à l'ordre public", a prévenu le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

La loi autorise le port d'un masque dans l'espace public pour une fête, comme Halloween, mais l'interdit aux abords de manifestations qui présentent des risques de troubles à l'ordre public.

Cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère s'inscrit dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, qui réclame notamment la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, la rénovation des établissements et plus d'enseignants.

Plusieurs manifestants, dont des mineurs, ont été grièvement blessés ou mutilés depuis mi-septembre dans le cadre d'opérations de maintien de l'ordre. D'après le ministre de l'Intérieur, 1.193 policiers et gendarmes ont été blessés.

F.Omari--al-Hayat