AL HAYAT - Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun"

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Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun"
Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun" / Photo: Sylvain THOMAS - AFP/Archives

Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun"

"J'étais à la maison avec ma femme et elle m'a dit: vas-y, fonce". Lorsque Bryan Coquard a vu son pote Benjamin Thomas devenir champion olympique de cyclisme sur piste à Paris, il n'avait qu'une envie : vivre la même chose en 2028 à Los Angeles.

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Les deux Français vont reformer un duo explosif lors des Championnats du monde, de mercredi à dimanche à Shanghai, où l'équipe de France entrera dans le vif du sujet de la qualification olympique.

Coquard, 34 ans, et Thomas, 31 ans, vont s'aligner sur plusieurs épreuves individuelles et ensemble dimanche dans l'américaine (ou Madison), cette discipline spectaculaire où deux coureurs se relaient en se lançant par la main pour gagner des sprints.

Expérimentés, ils connaissent l'affaire par cœur. Coquard a été champion du monde en 2015 avec Morgan Kneisky, qui a ensuite été sacré deux ans plus tard avec... Thomas.

"On a le même professeur", souligne "le Coq" qui effectue cette année son grand retour en équipe de France, sept ans après sa dernière sélection.

Depuis 2019, il s'est consacré à 100% à la route avec son équipe Cofidis, pour 56 victoires dans sa carrière, dont une étape sur le Tour d'Espagne fin août.

- "Au boulot!" -

Benjamin Thomas, qui court aussi pour Cofidis et a notamment gagné une étape du Tour d'Italie en 2024, a toujours continué la piste en parallèle, une véritable passion, pour connaître la consécration avec son titre olympique sur l'omnium à Paris-2024.

Pour Coquard, un véritable déclic. "Quand j'ai vu Benjamin avec sa médaille d'or, je me suis dit : c'est ça qui me manque. J'étais à la maison avec ma femme et elle m'a dit : vas-y, fonce, ce serait génial que les enfants puissent vivre ça".

Un feu vert qui n'allait pas forcément de soi. "On a deux enfants et je suis déjà parti 250 jours dans l'année. Quand on rajoute les déplacements sur piste, ça fait beaucoup".

Mais pour lui, "c'est un rêve de gosse d'être champion olympique".

"J'ai fait deuxième à Londres (de l'omnium en 2012) et jusqu'à ma victoire à la Vuelta ça restait mon meilleur moment sur un vélo."

Malgré son palmarès et son vécu, il sait que rien n'est acquis, même sa sélection pour les JO. "C'est bien beau de dire que je veux être champion olympique, il faut se mettre au boulot!", dit celui qui, depuis fin avril, est venu régulièrement s'entraîner sur le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines.

- Complicité -

Sa complicité avec Benjamin Thomas sera "peut-être le petit truc qui fera la différence", souligne Samuel Monnerais, l'entraîneur de l'endurance, bluffé par "l'énergie et l'enthousiasme incroyables" du "vieux".

"Pendant l'année on est souvent en chambre ensemble, on s'entend super bien", explique Thomas.

"J'avais suivi, ajoute-t-il, ses Jeux à Londres et quand il avait été champion du monde avec Morgan, donc finalement, on s'est inspirés mutuellement. Et sur la route, c'est aussi un exemple pour moi, un des coureurs les plus professionnels que je connaisse. Le mec, c'est carré."

A Shanghai, les deux vont passer un "test grandeur nature" qui leur permettra de "voir ce qu'il nous faut travailler", selon "BenTo" qui prévient : "le niveau de la piste a beaucoup augmenté".

"Il faut arriver avec de l'humilité, acquiesce Coquard. Il ne faut pas se dire : on est pros sur la route, on a gagné au Giro, à la Vuelta. Il y a pas mal de coureurs, non connus par le grand public, qui peuvent nous mettre des fessées."

Mais ils croient dans leur "projet". "On a l'expérience des Olympiades précédentes, on sait comment combiner la route et la piste et on a ce rêve en commun, insiste Thomas. Quand Bryan me dit qu'il a envie de tirer sa révérence aux Jeux et de sortir par la grande porte, ça me motive."

P.Hassan--al-Hayat