Le siège de CNews et Europe 1 dégradé, des actes "d'intimidation" selon ces médias
Le siège parisien de CNews et d'Europe 1 a été pris pour cible par une centaine de personnes samedi matin au début d'une journée d'action nationale, des actes "d'intimidation" dénoncés par ces deux médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
"Informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence", a réagi auprès de l'AFP la chaîne d'information en continu. "Ces intimidations en bandes organisées envers le personnel et les journalistes d’Europe 1 sont inacceptables", a de son côté affirmé à l'AFP Donat Vidal Revel, le directeur général de la station.
Aux alentours de 7H00, une centaine "d'individus cagoulés" ont bloqué l'accès au parking devant le siège de Lagardère News dans l'ouest de la capitale et qui abrite également la rédaction du JDD, selon la préfecture de police de Paris.
Les manifestants ont jeté des projectiles et brisé des vitres. Des images sur les réseaux sociaux montraient également des barrières renversées. Après intervention des forces de l'ordre, 21 personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture de police.
"Nous déplorons toutes violences envers quiconque, que ce soit pour nous ou pour nos confrères", a précisé la chaîne. "La liberté de la presse, essentielle à notre démocratie, repose aussi sur la possibilité pour chaque journaliste d’exercer son métier en sécurité, quelle que soit sa rédaction".
"S’attaquer à un média est une attaque contre la démocratie. Des actions qui sont malheureusement rendues possibles par le climat politique délétère entretenu par une partie de la classe politique de ce pays", a de son côté estimé Donat Vidal Revel.
Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction du JDD, a, lui, affirmé que "la liberté d’informer suppose que chaque journaliste puisse travailler sans pression ni menace", selon une réaction transmise à l'AFP. "Les événements qui ont touché les équipes du JDD rappellent combien cette exigence doit être défendue concrètement".
Vendredi, la ministre de la Culture Catherine Pégard avait déploré sur X les violences "inacceptables" commises contre des journalistes en marge des récentes mobilisations lycéennes et étudiantes.
Dans le sillage du mouvement des lycéens, plusieurs manifestations sont prévues samedi en France pour faire converger "les colères" et dénoncer le renchérissement du coût de la vie, soutenues notamment par d'anciens gilets jaunes, certains syndicats dont la CGT et des militants pour le climat.
V.Sahli--al-Hayat